L’autre rive

 

L’autre rive

Par Marta Carrasco

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Sur un côté de la rive, des parents s’affairent à leurs occupations. Ils disent à leur fille qu’elle ne doit pas aller de l’autre côté de la rive, car les gens qui y vivent ne sont pas comme eux: « Ils mangent des choses bizarres, ils ne se peignent jamais. Ils sont paresseux et malpropres. » Mais un jour, de l’autre côté de la rive, un jeune garçon aux cheveux blonds sourit à la petite fille tout en la saluant. Une amitié secrète va naître entre les deux enfants qui partagent le même rêve: construire un pont sur la rivière.

Dans cette leçon, le genre masculin est utilisé comme générique, dans le seul but de ne pas alourdir le texte.

RÉSULTATS D’APPRENTISSAGE (M-3)

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QUESTIONS AVANT LA LECTURE

  1. Pensez à un ami ou à une connaissance dont la culture d’origine est différente de la vôtre. Pouvez-vous donner une brève description:
    • de son apparence physique?
    • de ses habitudes alimentaires?
    • de ses fêtes traditionnelles?
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ACTIVITÉS AVANT LA LECTURE

Mes droits comme tes droits. Mes devoirs comme tes devoirs.

    • Temps approximatif pour la préparation : 30 minutes
    • Temps approximatif pour l’exécution : 45-60 minutes
    • Matériel : tableau ou écran, un cercle jaune en papier par élève, poinçon, ficelle de laine colorée

L’une des façons d’éviter ou de diminuer la discrimination est de respecter les droits de chacun et d’exercer ses devoirs envers soi et l’autre. Voici une liste sur les droits et devoirs à faire compléter par toute la classe. Vous pouvez omettre quelques droits et devoirs. Donner ensuite des exemples tirés de la vie et finalement faire deviner aux élèves le droit ou le devoir dont il est question.

Exemple : Vous omettez l’affirmation « J’ai le droit d’être écouté ». Ensuite, vous relatez une anecdote : Un jeune garçon travaille en équipe avec un autre élève. Le jeune garçon exprime une idée, mais son partenaire l’écoute très peu.

Mes droits

  • J’ai le droit d’apprendre
  • J’ai le droit d’être écouté
  • J’ai le droit d’être traité avec respect
  • J’ai le droit de vivre dans un milieu exempt de violence physique ou verbale
  • J’ai le droit d’être différent
  • J’ai le droit d’être traité équitablement.
  • J’ai le droit…

Mes devoirs

  • C’est mon devoir d’aider mes collègues de classe à apprendre
  • C’est mon devoir de m’aider à apprendre
  • C’est mon devoir d’écouter les autres et de ne pas les interrompre quand il parle
  • C’est mon devoir de traiter les autres avec respect
  • C’est mon devoir de me traiter avec respect
  • C’est mon devoir de ne pas blesser les autres par la violence physique ou verbale
  • C’est mon devoir d’accepter les différences des autres, de les traiter avec équité
  • C’est mon devoir d’accepter mes différences, de me traiter avec équité
  • C’est mon devoir…

Divisez la classe en deux groupes, celui des droits et celui des devoirs. Chaque élève choisira une affirmation tirée de la liste des droits ou de celle des devoirs. Pour les plus jeunes, vous pouvez leur faire choisir entre deux ou trois affirmations si la liste contient trop de choix.

Les élèves devront créer une médaille d’or dans lequel ils inscriront leur affirmation provenant de la liste écrite au tableau ou à l’écran, ou d’une feuille photocopiée. Pour ce faire, distribuez aux élèves un cercle jaune assez gros pour que l’affirmation entière puisse y être écrite et troué à l’une des extrémités. Donnez-leur aussi une ficelle de laine colorée assez longue pour suspendre la médaille dans le cou.

Une fois l’exercice terminée, les élèves se lèvent. En ligne, le groupe des droits fait face au groupe des devoirs. Puis, les deux groupes se rapprochent l’un de l’autre en regardant bien leur partenaire d’en face. Enfin, les élèves du groupe des droits enfilent la médaille au cou de leurs partenaires et leur disent : « _________ (nom de l’élève), tu as le droit de (plus la suite de l’affirmation inscrite sur la médaille) »; les élèves du groupe des devoirs en font de même : «  _________ (nom de l’élève), tu as le devoir de (plus la suite de l’affirmation inscrite sur la médaille) ». Enfin, assis en cercle, discutez de certaines affirmations et entraidez-vous à donner des exemples.

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QUESTIONS PENDANT LA LECTURE

L’interdiction d’aller sur l’autre rive

  1. La rumeur
    • « On dit que… » est une expression souvent utilisée pour introduire une rumeur ou des préjugés. Ici, la rumeur est-elle bonne ou mauvaise? Elle est mauvaise parce qu’elle ne décrit les autres que négativement.
    • Est-ce qu’un préjugé peut être utilisé pour se moquer d’une autre personne ou même l’intimider? Que feriez-vous alors pour faire cesser une rumeur qui nuit à quelqu’un, qui lui fait du mal? Je chercherais de l’aide auprès d’un adulte (ex.: enseignant) et je lui parlerais du problème.
  1. Si tu étais la petite fille à la robe blanche, que dirais-tu à la place des descriptions ci-dessous pour mettre fin aux rumeurs qui peuvent faire du mal aux gens de l’autre rive?
    • Ils mangent des choses bizarres. Ils mangent des mets différents de nous.
    • Ils ne se peignent jamais. Ils se peignent, mais leur coiffure et leurs cheveux sont différents des nôtres.
    • Ils sont paresseux. Ils prennent le temps de vivre.
  1. Les rumeurs
    • La petite fille, comment réagit-elle aux interdictions de ses parents? Elle réagit peu, mais se questionne sur la perception que les autres ont d’elle, de sa famille et des gens de son village.
    • Serait-elle une bonne candidate comme agent spécial DIRE? Pourquoi? Oui, car elle ne donne pas raison aux préjugés de ses parents. Par conséquent, elle n’encourage pas les rumeurs blessantes qui sont des moqueries. Elle donne le bénéfice du doute et tente, quoique indirectement, de se mettre à la place de ceux que l’on juge.

La rencontre du garçon aux cheveux blonds

  1. Observez l’apparence physique des deux enfants, qu’ont-ils de différents? Malgré ces différences, pensez-vous qu’ils vont devenir amis?
  2. Le sourire
    • D’après vous, suite à la lecture de la page débutant par « Finalement, j’ai levé le bras… », pensez-vous que le sourire est communicatif? Qu’a fait la petite fille une fois que le garçon lui a souri?
    • Et vous, si à l’école un élève que vous ne connaissez pas vous sourit gentiment, comment réagissez-vous? Que serait la meilleure chose à faire pour lui répondre?
  1. Si vous étiez culturellement différent des autres et que l’on se moquait de vous, que feriez-vous? Je m’éloignerais des élèves qui se moquent de moi tout en ignorant leurs moqueries. J’irais chercher de l’aide auprès d’un adulte et je lui parlerais des ces rumeurs qui me font mal et m’isolent des autres.

La rencontre de la famille du garçon

  1. La rencontre de l’autre
    • Regardez l’image où la petite fille dit qu’elle veut repartir, comment pensez-vous qu’elle se sent? Alors, pourquoi veut-elle repartir?
    • Imaginez qu’à votre école un nouvel élève se sent exactement comme la petite fille. Qu’allez-vous faire pour aider ce nouvel élève à se sentir bien dans sa nouvelle école?
    • Si ce nouvel élève a subi de l’intimidation dans son ancienne école, d’où l’inconfort, la peur qu’il ressent comme la petite fille, comment pourriez-vous éviter que la situation se reproduise dans votre école?
  1. Pensez-vous que le petit garçon et la petite fille feraient de bons agents spéciaux DIRE pour faire respecter les différences culturelles? Pourquoi?

Le rêve de Graciela et de Nicolas

  1. Graciela et Nicolas prévoient réaliser leur rêve quand ils seront grands. Pour l’instant, ils construisent seuls, chacun d’un côté de la rive, un pont pour rapprocher leur communauté respective. Leur amitié comme leur rêve sont gardés secrets. Mais quand une personne ou un groupe de personnes est victime de moqueries ou d’intimidation, devez-vous garder le silence? Que feriez-vous alors à la place de Graciela et Nicolas pour que ce rêve se réalise maintenant et non à l’âge adulte? N’oubliez pas, quand quelqu’un est victime de moqueries ou d’intimidation, il ne faut pas attendre pour agir, il ne faut surtout pas garder le silence.
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ACTIVITÉS PENDANT LA LECTURE

1. Vocabulaire

    • Temps approximatif pour la préparation : 15 minutes
    • Temps approximatif pour l’exécution : 20-30 minutes, selon le nombre de mots étudiés
    • Matériel : variable – une feuille de vocabulaire par élève, tableau ou écran

Pour bien comprendre l’histoire, assurez-vous de bien comprendre les expressions et mots suivants. Y a-t-il d’autres mots ou expressions que vous ne connaissez pas?

L’interdiction d’aller sur l’autre rive

  1. La rivière coule en murmurant sur les cailloux.
  2. Sa voix couvre le bruit des cailloux.
  3. Là-bas, sur l’autre rive, …
  4. Ils sont paresseux et malpropres.
  5. Je les écoute tout en démêlant mes longs cheveux noirs.

La rencontre du garçon aux cheveux blonds

  1. Un garçon m’a fait signe.
  2. Le lendemain, très tôt, je suis allée au bord de l’eau.
  3. Petit à petit, la distance qui nous séparait a diminué.
  4. Les vagues se sont levées.
  5. Un éclair a déchiré le ciel.
  6. Le tonnerre grondait.
  7. Je me suis recroquevillée.
  8. Je me suis abritée sous son grand paréo.

La rencontre de la famille du garçon

  1. Je n’ai plus senti le froid.
  2. La grand-mère tricote de grands châles.

Le rêve de Graciela et de Nicolas

  1. Les rires et les salutations couvriront les bruits de la rivière.

2. Le code secret

    • Temps approximatif pour la préparation : 15 minutes
    • Temps approximatif pour l’exécution : 20-30 minutes
    • Matériel : une feuille intitulée Le code secret par élève

En utilisant le tableau sur la feuille, trouvez l’expression ou le mot caché. Chaque lettre de l’alphabet est associée à un chiffre. Remplacez le chiffre par la lettre et vous trouverez le mot. Attention! N’oubliez pas les accents. Corrigé : a) Couvrir, b) Malpropre, c) Petit à petit, d) Paréo.

3. Au-delà des différences

Activité pour l’interdiction d’aller sur l’autre rive

    • Temps approximatif pour la préparation : 20-30 minutes
    • Temps approximatif pour l’exécution : 60 minutes
    • Matériel : une assiette en carton par élève ou du papier épais, des crayons de couleur, un bâton de glace à l’eau (de pop sicle) par élève, colle blanche

Assurez-vous que les élèves comprennent le terme « préjugé ». Divisez la classe en cinq équipes. Chacune d’elle représente un grand groupe ethnique: les Caucasiens, les Africains, les Hispaniques et les Latinos, les Arabe et les Asiatiques. Distribuez à chaque élève une assiette en carton de couleur blanche ou découpez simplement un grand cercle dans du carton blanc solide. Individuellement, demandez-leur de dessiner le visage, cheveux compris, du groupe ethnique que représente leur équipe. L’équipe des Asiatiques dessine donc un visage asiatique. Dans un premier temps, vous pouvez ensemble déterminer les caractéristiques physiques généralement associés à chaque groupe ethnique : couleur de la peau, des yeux, des cheveux; types de cheveux : raides, bouclés…. Vous pouvez aussi à l’aide d’une carte géopolitique leur demander dans quelle région du monde vit généralement chaque groupe. Une fois la tête dessinée, donnez un bâton de glace à l’eau (de pop sicle) à chaque élève. Ils colleront le bâton sur le côté non dessiné et à la base du visage (de l’assiette) comme pour en faire un masque.

Chaque groupe ensuite choisit un préjugé qui est généralement adressé au groupe ethnique qu’ils représentent. Ensuite, en s’adressant aux autres groupes, ils disent par exemple « On dit que nous les Caucasiens, nous sommes bizarres parce que nous courons tout le temps mais que nous n’avons jamais le temps de faire des choses. Qu’en pensez-vous? » Et un autre groupe désigné ou tous les groupes répondent : « Mais non, c’est juste un préjugé ».

Cette activité terminée, demandez aux élèves de mettre leur masque devant leur visage et expliquez-leur qu’un préjugé est comme un masque sans yeux (sans trous) : ils nous aveuglent. Les préjugés nous empêchent de voir l’autre comme il est et ils empêchent le rapprochement des cultures. Soulignez d’ailleurs la division de la classe en groupes ethniques comme une mise à l’écart des autres. Puis, invitez les élèves à faire des trous dans les yeux des masques; des trous de la largeur de leurs propres yeux. Invitez-les à regarder à nouveau à travers le masque et dites-leur que le respect des différences nous permet de mieux voir l’autre et encourage le rapprochement des cultures. Finalement, invitez chaque élève, masque au visage, à donner la poignée de main à des élèves des autres équipes en adoptant un nom étranger. Par exemple, un élève du groupe asiatique dit : « Bonjour, je m’appelle Quan. Et toi? », même si son nom véritable est « Simon ».

Pour aller un peu plus loin
Assis en cercle, masque enlevé, chaque élève dit : « Bonjour, je m’appelle _______ (nom véritable de l’élève), je suis née au/en ________ (pays de naissance) mais/et mes parents sont nés au/en ______________ (pays de naissance). ». Une discussion peut s’en suivre sur des sujets très variés qui traitent de ce qui est semblable et différent.

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QUESTIONS APRÈS LA LECTURE

  1. Les préjugés
    • Croyez-vous que c’est bien que les parents de Graciela encouragent par leurs préjugés l’isolement de leur culture? Non, ce n’est pas bien. En effet, comme ils ne veulent pas entrer en contact avec la culture de l’autre rive, ils s’isolent.
    • Que conseilleriez-vous à Graciela de faire pour que les gens du village arrêtent de véhiculer des préjugés sur les villageois de l’autre rive?
    • Et vous, avez-vous déjà été témoins de l’isolement d’élèves en raison de leur origine ethnique? Qu’avez-vous pensé, ressenti?


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ACTIVITÉS APRÈS LA LECTURE

Mon histoire en images et en mots

    • Temps approximatif pour la préparation : 20 minutes
    • Temps approximatif pour l’exécution : variable, activité en classe et hors classe
    • Matériel : une feuille blanche ou une feuille intitulée Une bande dessinée comparative par élève

Répondez aux questions suivantes à l’aide des membres de votre famille. Si vous n’avez pas réponse à toutes ces questions, imaginez l’origine de vos ancêtres.

  • D’où venez-vous? Que faites-vous dans la vie? Quels vêtements portez-vous habituellement?
  • D’où viennent vos parents? Que font-ils dans la vie? Quels vêtements portent-ils habituellement?
  • D’où viennent vos grands-parents? Que faisaient-ils (font-ils) dans la vie? Quels vêtements portaient-ils (portent-ils) habituellement?
  • D’où viennent vos arrière-grands-parents? Que faisaient-ils dans la vie? Quels vêtements portaient-ils habituellement?

Représentez ensuite vous-mêmes, vos parents, grands-parents et arrière-grands-parents en pensant à leur tenue vestimentaire et à leur occupation dans la vie. Utilisez une feuille blanche pour écrire un court texte descriptif de comparaison ou faites une bande dessinée comparative avec ou sans texte. Vous n’avez pas besoin de comparer tous les éléments suggérés ci-dessous. Une fois terminé, relevez ce qui est similaire et différent dans les éléments que vous avez choisi de comparer. Est-ce que vos ancêtres portaient les mêmes vêtements que vos parents et vous? Est-ce que vos ancêtres avaient les mêmes occupations (travail, tâches à la maison, loisirs…) que vos parents? Et vous, pensez-vous que vous aurez les mêmes occupations que vos ancêtres?

Demandez à certains élèves de résumer les différences et les similarités entre eux, leurs parents et leurs ancêtres. Faites prendre conscience que la différence et les similarités se trouvent dans plusieurs facettes de la vie, qu’une société est faite de diversités de toutes sortes à l’image de la nature.


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